Sommaire

En résumé
- Un intérimaire vous coûte son salaire brut multiplié par le coefficient de l'agence, généralement entre 1,7 et 2,5. Tout est compris : charges, indemnités, recrutement et paie.
- Un CDD vous coûte le salaire brut, la prime de précarité (10 %), les congés payés (10 %) et les charges patronales, plus le temps passé à recruter et à gérer la paie.
- Sur un besoin de quelques semaines, l'intérim revient le plus souvent moins cher. Sur plusieurs mois, le CDD reprend l'avantage.
- Dans notre exemple (maçon à 15 € brut de l'heure, coefficient de 2), le CDD devient moins cher au-delà d'environ 5 semaines.
Votre maçon se casse le poignet un lundi, le coulage est prévu jeudi. Faut-il passer par une agence d'intérim ou signer un CDD ? Voici ce que coûte chaque solution, un exemple chiffré sur quatre durées et la méthode pour refaire le calcul avec vos propres chiffres.
CDD ou intérim : quelle différence pour l'employeur ?
- En CDD, vous êtes l'employeur. Vous recrutez, rédigez le contrat, versez le salaire et gérez la paie.
- En intérim, l'employeur est l'agence. Vous signez avec elle un contrat de mise à disposition, elle recrute, paie l'intérimaire et vous envoie une facture.
Dans les deux cas, l'intérimaire ou le salarié en CDD touche le même salaire qu'un salarié de votre entreprise au même poste : c'est le principe d'égalité de traitement.
Tableau comparatif des coûts : CDD ou intérim
Ce qu'il faut retenir : le coefficient de l'agence paraît élevé, mais il couvre surtout des coûts que vous paieriez de toute façon en CDD. Les deux indemnités de 10 % sont déjà dedans, comme le détaille notre page sur l'indemnité de fin de mission.
Aucun texte ne fixe le coefficient. Les fourchettes publiées vont de 1,7 à 2,5, et sa valeur dépend du métier, de la durée des missions et du volume d'heures que vous confiez à l'agence. C'est un prix, donc il se négocie.
Bon à savoir : dans le BTP, les congés payés d'un salarié en CDD passent en principe par la caisse de congés payés (CIBTP). Vous versez une cotisation à la caisse plutôt qu'une indemnité au salarié, à un taux qui dépend de votre caisse de rattachement.
Exemple chiffré : un maçon en intérim ou en CDD
Prenons un maçon payé 15 € brut de l'heure, sur une base de 35 heures par semaine.
- En intérim, avec un coefficient de 2 : 15 € × 2 = 30 € de l'heure, tout compris.
- En CDD : 15 € × 1,21 (précarité puis congés payés) × 1,40 (charges patronales) = 25,41 € de l'heure. S'ajoutent environ 800 € de recrutement et de gestion (20 heures de temps interne à 40 € chargés), à payer une seule fois, quelle que soit la durée du contrat.
Hypothèses de l'exemple : salaire de 15 € brut de l'heure, charges patronales de 40 % (valeur ronde, à remplacer par votre taux réel), coefficient d'agence de 2, coût interne de recrutement et de gestion de 800 €. Non inclus : paniers, trajets, heures supplémentaires, EPI et régime de la caisse de congés payés du BTP.
Sur un besoin court, les 800 € de recrutement pèsent lourd sur peu d'heures : l'intérim gagne. Plus le besoin dure, plus ce coût fixe se dilue, et le CDD passe devant. Avec ces hypothèses, la bascule se fait vers 5 semaines.
Le point de bascule selon le coefficient négocié
Le coefficient change tout. Avec les mêmes hypothèses, voici à partir de quelle durée le CDD devient moins cher :
Avec un coefficient de 1,7, les deux coûts horaires sont quasiment identiques : l'intérim reste alors moins cher sur presque toutes les durées.
Refaire le calcul avec vos chiffres
- Coût horaire du CDD : salaire brut horaire × 1,21 × (1 + votre taux de charges patronales).
- Coût horaire de l'intérim : salaire brut horaire × coefficient proposé par l'agence.
- Durée de bascule : divisez votre coût de recrutement et de gestion en CDD par l'écart entre les deux coûts horaires. Vous obtenez le nombre d'heures à partir duquel le CDD devient moins cher.
Les autres différences qui pèsent sur le coût
Le coût horaire ne dit pas tout. Sur un chantier, la souplesse du contrat et le délai de démarrage comptent aussi.
Plus de détails dans nos pages sur la période d'essai en intérim, la souplesse du contrat d'intérim et la durée maximale d'une mission.
Accidents du travail : le coût est désormais partagé
Depuis le décret n° 2024-723 du 5 juillet 2024, le coût des accidents du travail et des maladies professionnelles d'un intérimaire se répartit à 50/50 entre l'agence et l'entreprise utilisatrice. La mesure s'applique progressivement à partir des taux 2026. Avant, l'agence supportait seule la plupart de ces coûts. Dans le BTP, secteur très exposé, ce n'est donc plus un argument financier en faveur de l'intérim : la prévention sur le chantier devient votre affaire autant que celle de l'agence. Voir aussi les démarches en cas d'accident du travail en intérim.
Besoin récurrent : pensez au CDI intérimaire
Vous avez besoin d'un conducteur d'engins plusieurs fois par an, sans que le poste soit permanent ? Le CDI intérimaire permet de retrouver le même profil de mission en mission. Le salarié est en CDI avec l'agence, qui vous le met à disposition. Vous gardez la souplesse de l'intérim, sans payer un nouveau recrutement à chaque besoin.
Le bon choix dépend de votre chantier
Trois questions suffisent pour trancher : combien de temps dure le besoin ? Le métier est-il difficile à recruter ? Le chantier risque-t-il d'être interrompu ? Plus le besoin est court, urgent ou incertain, plus l'intérim s'impose. Découvrez aussi les avantages du recrutement en intérim pour les entreprises et tous nos contenus pour les recruteurs du BTP.
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