Djelal Charpentier
Chez asap.work depuis
Novembre 2023
Entre transmission et savoir-faire ancestral, Djelal a fait de la charpente un nouveau départ.

Quand Notre-Dame a brûlé, tout charpentier aurait voulu y être.
Entre transmission, reconversion et chantiers d’exception, Djelal raconte comment la charpente est devenue plus qu’un métier : une évidence.
Formé une première fois aux métiers du bois au collège, Djelal s’éloigne ensuite du bâtiment pour consacrer plus de quinze ans à l’éducation. Avec le temps, l’envie de revenir à un métier concret refait surface. Il se forme alors à la charpente et retrouve un savoir-faire ancestral, exigeant et porteur de sens. Dix-sept ans plus tard, il a œuvré sur des chantiers hors normes comme le Village Olympique ou la reconstruction de Notre-Dame de Paris, avec la même fierté : construire ce qui protège et ce qui dure.

À Notre-Dame, on se rend compte de ce que les anciens savaient faire.
Son regard sur l’avenir du métier et la place des jeunes dans le secteur
Sa fierté de travailler sur des projets qui façonnent le quotidien des Franciliens
Les défis techniques auxquels il a été confronté.
Dans cette interview, Djelal revient sur :
- Son parcours atypique, entre une longue expérience dans l’éducation et un retour au bâtiment
- Sa reconversion choisie, guidée par l’envie de retrouver un métier concret et porteur de sens
- Ses expériences sur des chantiers d’exception comme le Village Olympique et la reconstruction de Notre-Dame de Paris
- Sa vision de la charpente comme un métier ancestral, où chaque geste contribue à protéger et faire durer
Au-delà de son parcours, Djelal partage une parole sincère sur la valeur du métier et du savoir-faire transmis :
« Quand on pose une charpente, on met une maison en sécurité. »
À travers ce témoignage, asap.work continue de mettre en lumière ceux qui construisent et de valoriser des parcours faits de choix, de transmission et de fierté du travail bien fait.

Djelal, bonjour, Merci de prendre le temps de raconter ton histoire. Ce que j'aimerais, dans un premier temps, c’est qu’on parle un petit peu de ton enfance, d’où tu viens, et puis comment tu en es arrivé là.
Alors, moi je suis originaire d’Algérie, de la ville de Skikda plus exactement. Je suis arrivé en France dans les années 74, à l’âge de 7 ans. Ensuite, j’ai grandi en France, plus exactement dans un village qui s’appelle Le Suquet
Le Suquet? C’est où ça ?
C’est le vieux village de Cannes. J’ai grandi là-bas jusqu’à mes 24 ans. J’y ai fait toute ma scolarité. J'ai eu une formation de menuisier au collège, et ensuite, j’ai arrêté complètement les métiers du bâtiment et je me suis orienté dans l’éducatif. J’ai été animateur en centre aéré, en colonie de vacances..
Ok, tu as mis le pied à l'étrier avec ces premières expériences.
Voilà. Ensuite, je me suis rapatrié sur la région parisienne dans les années 90, à Montigny-lès-Cormeilles dans le Val-d'Oise. Là-bas, je me suis formé au métier d’éducateur sportif. J’ai travaillé avec la mairie de Cergy-Saint-Christophe pendant plus de 15 ans. J'intervenais spécifiquement dans les écoles primaires pour leur faire faire du sport, et je m’occupais aussi des jeunes de quartier.
Et jamais tu ne t’es dit qu’après tu allais devenir charpentier ? C'est arrivé par hasard ?
Charpentier, ça a été vraiment par hasard. C’est un métier que je ne connaissais pas trop. Quand j’ai arrêté l’éducatif, j’ai retravaillé un peu dans le bâtiment. Je faisais du montage de parpaings sur un agrandissement, et j’ai vu des charpentiers arriver sur le terrain pour faire la toiture. Ça m’a interpellé. Je me suis dit : "Qu’est-ce qu’ils font là ?". J’ai gardé ça dans un coin de ma tête. Et puis, quand l’éducatif m’a un peu "usé" — parce que ça use la jeunesse ! — je me suis orienté vers une formation de charpentier à Nevers.
C’était où la formation ?
À Nevers, où j’ai obtenu mon CAP. J’ai enchaîné tout de suite en entreprise. L'entreprise avec qui j’avais fait mes stages m’avait promis une embauche si j’avais mon diplôme. C'était l'entreprise Driolé, à Domont.
En CDI directement ?
Directement en CDI, oui. J’ai travaillé 4 ans avec eux. On faisait du gros œuvre, du particulier. J’ai découvert le métier, les techniques, l'apprentissage... j’ai vraiment pris du plaisir.
C’est quoi le métier de charpentier, si tu devais l'expliquer à un enfant de 12 ans ?
On est en hauteur, certes, mais c’est le métier qui permet de construire la protection de la maison. Quand on pose une charpente, une "ferme" plus exactement, on sait qu’on va mettre en sécurité la maison. C’est la base. Après, il y a toutes les techniques de fabrication et de pose.
J’ai l’impression que plus on avance, plus les maisons ont des toits plats, avec moins de charpentes apparentes...
C’est une autre technique, c’est lié aux normes. Mais une charpente bois, c’est du traditionnel, c’est ancestral. Ça a un coût, c'est pour ça qu'on voit beaucoup de toits plats aujourd'hui, c'est plus économique.
Ça fait combien de temps que tu es charpentier maintenant ?
Aujourd’hui, ça fait 17 ans.
Et actuellement, tu travailles sous quel type de contrat ?
Actuellement, je travaille avec la société asap.work, qui est une agence d'intérim. C’est suite à une fermeture d’entreprise, ma dernière boîte a fait un dépôt de bilan. J’ai déposé mon CV sur internet et j’ai été contacté directement par Virginie, chez asap.work. Je la remercie d’ailleurs, car elle ne m’a pas lâché !
Tu as fait des beaux chantiers avec eux ?
Ma première mission, ça a été au Village Olympique. C’était ambitieux, il y avait beaucoup de monde sur les chantiers, ce qui freinait parfois la progression, mais on a rendu le travail en temps et en heure. C’était un vrai challenge.
Et un deuxième challenge en tête ?
Notre-Dame. Quand Notre-Dame a brûlé, je pense que tout charpentier aurait voulu y être. Grâce à asap.work, j'ai eu l'opportunité d'une mission là-bas quand les travaux ont commencé. J'ai bondi sur l'occasion.
Tu as dû voir des choses exceptionnelles là-bas. Est-ce que tu t'es rendu compte qu'il y avait une expertise ancienne qu'on a peut-être un peu perdue aujourd'hui ?
Comparé à nos machines d'aujourd'hui, on se demande vraiment comment ils ont fait à l'époque ! Surtout pour le levage, sans grue mécanique, juste à la force des bras... et un peu de magie. Quand on inspecte bien Notre-Dame, on voit les points d'attache pour les échafaudages qui servaient de bras de levier. Tout était construit à la main.
Un dernier projet emblématique dont tu es fier ?
Je pense que c'est vraiment Notre-Dame. Mais je suis aussi intervenu sur l’église Saint-Gervais, juste derrière. On est intervenus sur les portes d'entrée, il fallait tout cloisonner à cause de la peinture au plomb.
Et là, un peu de repos avant de repartir sur le terrain ?
Oui, un peu de repos. Sincèrement, en travaillant avec asap.work, j’ai trouvé un équilibre professionnel. J'apprécie la disponibilité et la réactivité des équipes, surtout Benjamin qui est toujours là, même le premier jour pour ramener les croissants !
Il faut bien ! Merci beaucoup Djelal pour ce beau parcours, et je te souhaite encore beaucoup de beaux chantiers.
Merci, je l'espère aussi !

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