ThéoThéoÉlagueur-Grimpeur
Chez asap.work depuis
Octobre 2025
Du commerce sous les néons des boutiques aux cimes des arbres à 30 mètres du sol, Théo a tout quitté après le Covid pour se façonner une vie en extérieur guidée par la passion, la technique et la maîtrise du risque.

Quand tu es perché à 25 mètres de hauteur sur un arbre vivant, il n'y a pas de risque zéro : la précision du geste et la réflexion technique sont tes seules véritables assurances.
Originaire d'Île-de-France et âgé de 27 ans, Théo s'est d'abord orienté vers le commerce après un parcours scolaire en bac pro. Vendeur et conseiller durant près de trois ans pour la marque Chevignon, c'est lors du confinement de 2020 qu'il remet son quotidien en question. Refusant de passer sa vie enfermé en boutique, il décide de se tourner vers les métiers d'extérieur. Sans aucune formation initiale, il démarre par un stage bénévole en aménagement paysager avant de découvrir sa véritable voie : l'élagage et la grimpe.
Inspiré par un élagueur croisé sur ses premiers chantiers, Théo décroche son diplôme d'arboriste en alternance. Soif d'apprentissage et d'aventure, il s'envole ensuite pour deux ans au Québec avec sa conjointe, où il se confronte à des arbres imposants et à la machinerie nord-américaine. De retour en France, il s'appuie sur la réactivité d'asap.work pour enchaîner les missions d'intérim avant de signer un CDI chez Forêt d'Île-de-France. Au quotidien, il gère la complexité des chantiers urbains franciliens, effectuant des rétentions délicates au-dessus des habitations et maîtrisant les techniques d'accès sur cordes avec un soin extrême.

On pense souvent qu'élaguer consiste juste à couper une branche. En réalité, c'est un métier extrêmement cérébral : il faut anticiper les forces, économiser son corps et réfléchir à chaque ancrage pour travailler en sécurité.
His look at theFuture of the profession and the place of young people in the sector
Sa pride to work on projects that shape the daily lives of Ile-de-France residents
Les technical challenges which he was confronted with.
Son rangelands and his first steps in the construction industry
Dans cette interview, Théo revient sur :
- Sa reconversion radicale après le Covid, passant du prêt-à-porter en centre commercial aux métiers de la nature sans expérience préalable.
- Son aventure de deux ans au Québec, qui lui a permis de découvrir d'autres échelles de chantiers, du matériel lourd et des méthodes nord-américaines d'arboriculture.
- Les secrets techniques de la grimpe, du lancer de sac de petit poid au placement des cordes à 30 mètres de hauteur, jusqu'aux systèmes de poulies de rétention.
- La réalité du métier sur le plan physique et sécuritaire, et comment l'intérim avec asap.work lui a ouvert les portes d'un contrat à durée indéterminée.

Steve : Bonjour Théo.
Théo : Salut !
Steve : Merci de prendre le temps aujourd'hui pour raconter ton histoire dans un métier que je ne connais absolument pas. Ça va être passionnant de voir ce que tu fais au quotidien. Ce que je te propose dans un premier temps, c'est de parler de ton enfance, d'où tu viens, de ton parcours scolaire, et de savoir si tu pensais un jour faire ce métier incroyable d'élagueur-grimpeur. On commence par le début et on enchaînera ensuite sur le BTP. Je te laisse la parole !
Théo : Super ! Un grand merci pour l'invitation, ça fait plaisir. Je m'appelle Théo, j'ai 27 ans et je suis originaire d'Île-de-France depuis tout petit. À l'école, ça allait... enfin, c'était moyen ! Ça a été assez compliqué. Je me suis orienté vers un parcours professionnel dans le commerce. Je suis allé jusqu'au bac pro sans l'obtenir, mais j'ai vite trouvé une société pour travailler comme je ne voulais pas continuer les études. J'ai travaillé chez Chevignon pendant pas mal de temps. En comptant les stages de bac pro, j'y ai passé environ 2 ans et demi à 3 ans.
Steve : Tu étais vendeur en boutique ?
Théo : Oui, conseiller-vendeur en boutique. C'était sympa ! J'ai travaillé sur Paris, dans le Marais, à Saint-Germain, et beaucoup à Créteil. Ça m'a fait découvrir le monde du travail, c'était intéressant. Et puis le Covid est arrivé.
Steve : Tout a basculé ?
Théo : Tout a basculé pendant le confinement. Je me suis retrouvé enfermé chez moi à réfléchir : « Est-ce que je veux continuer à passer ma journée sous les néons d'une boutique ? » En en discutant avec ma conjointe, je lui ai dit que j'avais marre et que je voulais travailler dehors. On avait du temps pour cogiter. Ça m'a orienté vers le paysage. Dès la fin du confinement, j'ai démarché des petites entreprises de paysage près de chez moi, avec zéro formation dans le domaine. J'ai commencé par un stage non rémunéré d'un mois pour apprendre le métier.
Steve : Et tu as tout de suite su que l'extérieur te plaisait ?
Théo : Oui, tout de suite. Ce mois de stage m'a appris des choses, mais ce n'était pas assez. J'ai rapidement trouvé une autre entreprise en CDI. Là, je suis vraiment rentré dans l'entretien paysager : la taille de haies, la tonte de gazon... Et dans cette société, il y avait un élagueur. En le voyant travailler régulièrement, ça m'a donné le déclic.
Steve : C'est lui qui t'a donné envie de rejoindre le métier ?
Théo : Exactement ! Alors que je n'y connaissais rien et que je ne savais même pas tenir un taille-haie au début, lui m'expliquait des trucs dans les arbres. Ça m'a captivé.
Steve : Ça fait combien de temps que tu fais ce métier ?
Théo : Ça fait environ 4 ans.
Steve : Tu as aussi eu une expérience au Québec, tu peux m'en parler ?
Théo : Oui ! J'ai passé mon diplôme d'arboriste en un an en alternance. Dès que je l'ai obtenu, je suis parti avec ma conjointe au Québec pendant 2 ans. J'y ai travaillé en élagage. C'est très différent là-bas : le climat, les essences d'arbres, et l'échelle des chantiers. Tout est plus gros, c'est à l'américaine ! Même si les techniques de grimpe se ressemblent, toute la partie machinerie est démesurée.
Steve : Comment on monte dans un arbre, concrètement ?
Théo : On a plusieurs techniques. La plus classique utilise un petit sac de poids relié à une ficelle légère. On lance ce sac au-dessus d'une branche haute, solide et saine — d'un diamètre d'environ 10 à 15 cm. Une fois que le sac redescend de l'autre côté de la fourche, on y accroche notre corde de travail, on tire pour la faire passer dans l'arbre, on fixe l'ancrage et on grimpe dessus.
Steve : Et il y a d'autres techniques ?
Théo : Oui, on a aussi les griffes qu'on fixe aux chaussures, mais on les utilise exclusivement pour les abattages, car elles blessent les arbres qu'on souhaite conserver.
Steve : Il y a beaucoup de chantiers sur Paris même ?
Théo : Enormément ! On ne s'en rend pas compte parce que les gens marchent souvent la tête baissée, mais Paris est rempli d'arbres, notamment des platanes. Avec les bâtiments, les lignes électriques, la voirie, les camions et les piétons, les contraintes sont nombreuses et demandent beaucoup d'interventions.
Steve : Tu as une mission qui t'a particulièrement marqué ou un chantier délicat ?
Théo : Les arbres les plus compliqués sont ceux qui sont à moitié morts : il faut grimper dedans alors qu'ils sont fragilisés. Et quand il y a des contraintes en bas, comme une terrasse, on ne peut pas couper les branches directement. On installe des systèmes de rétention : on accroche la branche à couper à une corde qui passe par une poulie fixée en hauteur. Un homme de pied au sol retient et contrôle la descente de la branche une fois coupée.
Steve : C'est un métier dangereux ? Il y a beaucoup d'accidents ?
Théo : Le risque zéro n'existe pas car on travaille sur du vivant. Quand je lance ma corde à 25 ou 30 mètres de hauteur, d'en bas je pense que la branche est solide, mais je ne peux être certain à 100 % de l'ancrage qu'une fois la-haut. Si on est vigilant, on limite fortement les risques, mais il faut rester très prudent avec le matériel de coupe et les chutes.
Steve : Aujourd'hui, tu es en CDI ?
Théo : Oui ! Ça fait 6 mois que je suis rentré du Québec. Une semaine après mon retour, j'ai été contacté par asap.work qui m'a proposé une mission en intérim chez Forêt d'Île-de-France. J'ai accepté, ils m'ont trouvé une super mission près de chez moi, et après deux ou trois mois d'intérim, l'entreprise m'a embauché en CDI.
Steve : C'est génial. Et qu'est-ce qu'on peut te souhaiter pour la suite ?
Théo : Que ça continue comme ça !
Steve : Il faudra qu'on s'organise un « Vis ma vie » sur un chantier, je serais curieux de voir ça de près, et même d'essayer de grimper sous sécurité !
Théo : Avec grand plaisir ! On te mettra le harnais et le casque, il n'y a pas de problème.
Steve : Une dernière question : jusqu'à quel âge peut-on exercer ce métier ? Il y a des grimpeurs de 50 ans ?
Théo : Oui, ça existe, il y en a qui se conservent très bien ! Mais c'est un métier très usant physiquement. Beaucoup finissent avec le corps un peu abîmé. Personnellement, je ne pense pas grimper jusqu'à 50 ans, j'aimerais évoluer vers autre chose plus tard pour me préserver. C'est pour ça que je fais attention : je me couche très tôt et j'adopte une bonne hygiène de vie.
Steve : Merci beaucoup Théo, au plaisir de se croiser sur un chantier !
Théo : Merci à toi Steve, à bientôt


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