Yaya
Charpentier

Chez asap.work depuis

mars 2024

Entre résilience et passion du bois, Yaya a traversé les frontières pour bâtir sa vie et sa carrière de charpentier.

La chose la plus pénible dans mon travail ? C’est quand je ne travaille pas.

Entre un départ forcé de Côte d’Ivoire, des années de métier au Mali et une traversée du désert vers l’Algérie, Yaya raconte comment le travail du bois est devenu son langage universel et son moteur pour avancer.

Né à Dabou en Côte d'Ivoire, Yaya quitte son pays à 17 ans pour échapper aux conflits. Déjà passionné par le bois, il se forme à la menuiserie puis à la charpente au Mali, où il participe à des chantiers prestigieux comme la rénovation de l'ancienne résidence présidentielle. Refusant de s'engager dans des activités illicites ou des trafics, il choisit la route de l'exil, traverse le désert vers l'Algérie, avant d'arriver en France fin 2016. D'abord coffreur, il revient finalement à sa passion première : la charpente. Aujourd'hui membre de la famille asap.work depuis mars 2024, il porte un regard d'une humilité rare sur son métier, rappelant que pour lui, la seule véritable souffrance est l'inactivité.

J'aimais scier le bois à la main, raboter à la main, poncer à la main... c'est comme ça que j'ai appris le métier.

Dans cette interview, 
Yaya
 revient sur :

Son regard sur l’avenir du métier et la place des jeunes dans le secteur

Sa fierté de travailler sur des projets qui façonnent le quotidien des Franciliens

Les défis techniques auxquels il a été confronté.

Dans cette interview, Yaya revient sur :

  • Son apprentissage précoce à Dabou, où il a découvert la passion du bois en observant un menuisier de quartier, apprenant à scier et raboter à la main dès l'enfance.
  • Son exil courageux depuis la Côte d’Ivoire, un parcours marqué par la volonté de rester fidèle à ses principes et de choisir le travail plutôt que le conflit.
  • Ses expériences de rénovation au Mali, notamment sur des sites historiques, qui ont consolidé son savoir-faire avant son arrivée en France en 2016.
  • Sa transition vers la charpente, un métier choisi par envie et par observation, prouvant que le chantier est un lieu de constante évolution.

Au-delà de son parcours, Yaya livre un témoignage d’une humilité profonde sur la dignité par le travail et la résilience face à l'adversité .

Yaya

Steve : Bonjour Yaya.

Yaya : Bonjour.

Steve : Merci de prendre le temps aujourd'hui pour raconter ton histoire, ton parcours. Ce qu'on va faire dans un premier temps, c'est de commencer par l'enfance. D'où viens-tu ?

Yaya : Je viens de la Côte d'Ivoire. Bon, de la capitale, mais je suis né à Dabou, à 49 kilomètres de la capitale, et après j'ai grandi à la capitale.

Steve : Ton parcours à la base quand tu étais jeune, tu avais fait des études ?

Yaya : Pas trop... Quand j'ai ouvert les yeux, j'étais avec ma grand-mère et mon grand-père. Je ne connaissais ni ma mère, ni mon père. Je suis obligé d'arrêter l'école au CM1 car ma grand-mère était fatiguée. Juste à côté de chez nous, il y avait un menuisier. À chaque fois que je quittais l'école, je passais là-bas pour apprendre. J'aimais scier le bois, parce que j'aimais faire le sport. Il a compris que je m'intéressais, donc il m'a appris à scier à la main, raboter à la main, poncer à la main.

Steve : Et après ?

Yaya : Mes grands-parents sont décédés. Je suis allé chez mon oncle à Jacqueville. J'ai travaillé avec un monsieur menuisier-charpentier qui faisait des plafonds. À 17 ans, j'ai rejoint mon grand-père maternel dans l'Est du pays pour cultiver le cacao et le café. Ensuite, il y a eu l'appel pour l'armée, je me suis engagé. Mais avec le coup d'État, le pays a été divisé en deux. Je ne voulais pas m'engager dans ces combats-là. C'est à ce moment que je décide de quitter la Côte d'Ivoire.

Steve : Comment ça s'est passé ?

Yaya : Je suis parti à moto jusqu'à la frontière du Mali. Je me suis déclaré réfugié politique. Je suis resté 3 mois au Mali, j'ai croisé des Français qui rénovaient des sites touristiques dans le Nord, notamment l'ancienne résidence de Moussa Traoré. J'ai travaillé avec eux pendant un an. Je voulais partir en France, mais c'était compliqué. Finalement, j'ai pris la route pour l'Algérie avec une amie. On a traversé le désert, on s'est fait arnaquer par des passeurs qui nous ont abandonnés en plein désert à la frontière algérienne. On a dû se débrouiller. C'était un petit village Touareg, avec des trafics d'armes et de cigarettes, je ne voulais pas de ça. J'ai aidé ma copine à continuer vers Alger, et moi je suis arrivé en France fin 2016.

Steve : Et charpentier ?

Yaya : J'étais menuisier de base, puis coffreur bâtiment en France. Mais le métier de charpentier est venu par envie, en voyant les gens travailler.

Steve : C'est quoi la chose la plus pénible dans ton travail ?

Yaya : La chose la plus pénible... c'est quand tu travailles pas.

Steve : C'est une bonne réponse. Ce qu'on peut te souhaiter, c'est beaucoup de missions, beaucoup de travail. Et ça fait combien de temps que tu es chez Asap

?Yaya : Depuis mars 2024.

Steve : Merci beaucoup Yaya pour ce moment.

NOS OFFRES
CONTACT