Novica
Plaquiste

Chez asap.work depuis

Juillet 2025

De la précision de l’aéronautique à la rigueur du chantier, Novica a bâti une carrière de plus de trente ans, portée par la force du métier de plaquiste.

J’ai 59 ans et j’ai mal partout : plaquiste, c’est un métier physique où il ne faut pas se tromper.

Entre rigueur technique, usure physique et fierté du travail accompli, Novica raconte comment il a quitté l'industrie de pointe pour devenir un pilier du bâtiment, façonnant les intérieurs avec la précision d'un orfèvre.

Arrivé de Serbie à l’âge de 9 ans, Novica commence sa carrière dans l’aéronautique comme contrôleur de précision chez Snecma. Suite à une délocalisation qu'il ne peut suivre, il se réinvente dans le bâtiment à 27 ans. D’abord manœuvre, il apprend sur le tas le métier de plaquiste et de monteur en faux plafonds, une discipline exigeante qui demande une lecture de plans parfaite et une maîtrise absolue des niveaux laser. Après 33 ans de carrière, il livre un témoignage poignant sur la réalité de son quotidien : un corps marqué par la pénibilité, mais un esprit toujours tourné vers la précision du geste.

Plaquiste, c'est savoir lire les plans et les échelles : c'est là que le savoir-faire compte vraiment.

Dans cette interview, 
Novica
 revient sur :

Son regard sur l’avenir du métier et la place des jeunes dans le secteur

Sa fierté de travailler sur des projets qui façonnent le quotidien des Franciliens

Les défis techniques auxquels il a été confronté.

Dans cette interview, Novica revient sur :

  • Son passé de contrôleur dimensionnel dans l'aéronautique et comment cette rigueur l'a suivi sur les chantiers.
  • Sa reconversion réussie à 27 ans, passant de l'usine aux chantiers de bureaux et de logements.
  • La réalité de la pénibilité, entre douleurs physiques et détermination à tenir jusqu'à la retraite.
  • L’importance des outils et de la précision, du laser à la gestion des délais de livraison.

À travers ce récit, asap.work rend hommage à la résilience et à l'expertise de Novica, un artisan qui, malgré les épreuves du temps, n'a jamais sacrifié la qualité de son travail.

Novica

Bonjour Novica.

Bonjour Steve.

Merci de prendre le temps aujourd'hui pour raconter votre histoire.

De rien.

Ce que j'aimerais, c'est qu'on commence par le début. L'enfance. Vous venez d'où ?

Alors je viens de l'Est, je viens de la Serbie. Je suis arrivé en France en 1974. J'avais 9 ans.

Et au début, quand vous êtes arrivé en France à l'âge de 9 ans, vous avez fait des études ?

Oui, j'ai fait une école... enfin comme tous les enfants.Après j'ai fait un CAP de mécanique générale tourneur, que j'ai réussi. J'ai travaillé peu comme tourneur. J'ai trouvé une entreprise aéronautique où ils faisaient des pièces d'avion, la microfusion ça s'appelle. C'était une filiale de Snecma. J'étais contrôleur dimensionnel.

C'était basé où ?

À Gennevilliers. Ensuite cette entreprise s'est déportée dans le Creusot. Et moi j'ai pas pu suivre... je suis tombé au chômage.

Et après le chômage ?

Après le chômage je me suis reconverti dans le bâtiment. J'ai essayé de faire un petit peu manœuvre, j'ai fait du faux plafond.

À quel âge ?

J'avais 26 ou 27 ans.

Donc on commence en tant que manœuvre au début ?

Manœuvre, monteur en faux plafond. J'ai appris le métier de plaquiste et depuis ce temps-là je travaille comme plaquiste.

Et au début c'était du CDI, c'était de l'intérim ?

Au début c'était surtout de l'intérim.

Et là du coup ça fait presque 30 ans que vous faites ça ?

Quelque part 32 ou 33 ans, tout à fait. J'ai fait plusieurs sociétés en CDD, en CDI. La dernière société c'était en CDD mais malheureusement on a eu un conflit avec le patron... je suis tombé à France Travail.

Et c'est quoi le métier de plaquiste ?

Bah c'est un métier très difficile. Moi j'ai 59 ans et j'ai mal partout. Il faut lever les plaques, c'est physique, c'est très difficile. Pour les jeunes non, mais pour les personnes de mon âge, c'est difficile.

Et c'est sur quel type de chantier que tu interviens ? Du logement ? Du bureau ?

Sur des grands chantiers d'entreprise, des bâtiments de bureaux.

C'est quoi la technique qu'on doit avoir lorsqu'on est plaquiste ?

Se débrouiller, avoir la précision, être minutieux, avoir de la force aussi, la résistance... et puis le savoir-faire. Il y a le laser, il faut connaître les mesures, lire les plans surtout. Il ne faut pas se tromper.

Est-ce que t'as un souvenir d'un chantier où tu t'es dit « est-ce que je vais vraiment réussir » ?

Le dernier c'était un chantier à Clamart qu'on a fait. Et là je me suis posé des questions « est-ce que je peux tenir » parce que c'était vraiment très difficile. Il y avait un tempo à suivre, des délais à respecter.

Tenir physiquement ?

Oui. Parce que tu fais quand même beaucoup de plafond, donc t'as les mains en l'air tout le temps. C'est pour ça que les épaules prennent des coups.

On a essayé d'accompagner les intérimaires avec un exosquelette... ça t'intéresserait ?

J'ai eu écho, j'ai regardé les prix, ça m'intéresserait d'essayer ça vraiment. Vis-à-vis de mon dos ça va, mais c'est les genoux qui me font très mal et les épaules.

On s'efforce de vous trouver des solutions car ce sont des métiers pénibles où vous perdez des points de vie. Et là actuellement t'es en mission ?

Non malheureusement, je suis à France Travail, je cherche. Mais apparemment sur le métier de plaquiste il n'y a pas grand-chose. J'étais en mission au mois de juillet chez Asap et pour l'instant il n'y a rien.

C'était quoi le chantier ?

C'était un chantier d'une semaine sur Paris à côté de la Tour Mommart.

Et toi t'as envie de continuer dans le métier de plaquiste ?

J'ai envie de continuer mais je ne sais pas si j'arriverai jusqu'à 67 ans. Là j'ai 59 ans. Je dois aller jusqu'à 67 ans pour avoir une retraite complète. Heureusement que je suis en bonne santé encore, mais il y a des moments où je dois prendre un cachet pour pouvoir travailler.

Il n'y a pas des moments où tu te dis je décroche du BTP ?

Bien sûr qu'il y a des jours... parce qu'il y a des jours où t'arrives pas. Là j'ai décroché malheureusement parce que j'avais des problèmes familiaux. C'est pas évident de se réveiller et faire des voyages de 1h30 ou 2h quelquefois pour arriver travailler, retourner à la maison avec tout l'embouteillage.

Ce qu'on peut te souhaiter du coup c'est du travail et t'accompagner dans ton quotidien.

Je vous remercie beaucoup.
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