Sommaire

Tu es en CDI, tu as un poste stable, et pourtant l'intérim te fait de l'œil. Des missions techniques mieux payées, la liberté de choisir tes chantiers, l'envie de changer d'air. Sauf qu'une question te bloque avant même d'écrire ta lettre : « si je démissionne, je perds le chômage ? ».
Autant te répondre franchement tout de suite. Oui, une démission « sèche » ne t'ouvre pas droit à l'allocation chômage. France Travail considère que tu as choisi de quitter ton emploi, donc pas d'ARE au départ. Mais ce n'est pas la fin de l'histoire. Il existe des portes de sortie qui préservent tes droits, et un mécanisme, mal expliqué presque partout, qui te permet de les récupérer une fois lancé dans l'intérim.
Dans ce guide, on pose le principe, on détaille les cas où tu gardes ton filet, et on explique comment une fin de mission d'intérim peut te rouvrir l'accès au chômage. Les chiffres cités sont vérifiés sur les sources officielles, avec un exemple concret pour ne pas rester dans le flou.
Démissionner d'un CDI pour l'intérim : le principe à connaître avant de te lancer
La règle de base tient en une phrase. Une démission volontaire n'ouvre pas droit à l'ARE, parce que tu quittes ton emploi de ton plein gré. C'est exactement ce que redoutent les gens qui tapent « demission cdi interim chomage » dans Google, et c'est vrai.
Là où il faut être précis, c'est sur la différence entre deux façons de perdre un emploi. Quand tu démissionnes, tu décides. Quand ton contrat prend fin sans que tu l'aies voulu, licenciement, fin de CDD, fin de mission d'intérim, c'est une perte d'emploi subie, et là le chômage entre en jeu. Toute la question de ta bascule du CDI vers l'intérim se joue sur cette nuance. Ta démission ne t'indemnise pas, mais la fin de mission qui viendra plus tard, si.
Bon à savoir Ce guide parle de quitter un CDI pour aller vers l'intérim. Si tu es dans la situation inverse, déjà en mission et en train de viser un poste fixe, tu cherches « quitter interim pour cdi » et les règles ne sont pas les mêmes. Prends le temps de bien te situer avant de décider, par exemple avec ce comparatif pour hésiter entre intérim et CDI.
Quitter ton CDI sans perdre le chômage : les 3 portes de sortie sécurisées
Avant de poser ta démission sur un coup de tête, vérifie si ta situation entre dans un cas qui protège tes droits. Trois voies te permettent de partir en gardant le filet chômage. Elles ne se valent pas et ne s'appliquent pas à tout le monde, alors regarde laquelle colle à ta réalité.
La rupture conventionnelle, l'option la plus sûre
C'est un accord signé entre toi et ton employeur pour mettre fin au CDI. Aux yeux de France Travail, elle compte comme une perte d'emploi involontaire, donc elle ouvre droit à l'ARE.
Si ton employeur est ouvert à la discussion, négocie-la plutôt que de démissionner. Tu obtiens une indemnité de rupture et tu conserves ton droit au chômage, ce qui te sécurise entre deux missions d'intérim le temps que ton activité se lance. C'est de loin le scénario le plus confortable pour tester l'intérim sans te retrouver à sec.
La démission légitime (les cas reconnus par France Travail)
Certaines démissions sont considérées comme « légitimes » et donnent droit à l'ARE malgré ton départ volontaire. On parle par exemple de suivre un conjoint qui déménage pour son travail, d'un non-paiement de tes salaires, ou d'un changement de résidence lié à certaines situations familiales.
France Travail reconnaît une liste précise de cas. Le mot « légitime » a un sens juridique strict, donc ne pars pas du principe que ta situation y entre sans l'avoir vérifiée. Consulte la liste officielle sur service-public.fr et confirme avec ton conseiller avant de démissionner.
La démission-reconversion, si tu as un vrai projet
Si ta bascule vers l'intérim s'inscrit dans un vrai virage de carrière, ce dispositif peut t'intéresser. Sous conditions d'ancienneté, en gros cinq ans d'activité continue, et avec un projet de reconversion validé par la commission (CPIR), tu peux démissionner et toucher l'ARE.
C'est la bonne piste si tu veux te former puis enchaîner des missions dans un nouveau secteur, plutôt que de quitter un métier pour le même en intérim. L'idée, c'est de faire monter ton niveau avant de repartir. Regarder les formations qui existent pour te former pour changer de métier t'aide à construire un projet solide, celui-là même que la commission attend de voir.
Démission puis intérim : comment tu peux rouvrir tes droits au chômage
On arrive au cœur du sujet, celui que presque personne n'explique clairement. Admettons que tu aies démissionné « sec », sans rupture conventionnelle ni cas légitime. Tu n'as pas l'ARE. Est-ce foutu ? Non.
Le principe est le suivant. Après ta démission, tu reprends de l'intérim. Tu enchaînes des missions. Et le jour où tu subis une fin de mission ou un non-renouvellement, donc une perte d'emploi involontaire, tu peux retrouver l'accès au chômage. Ce n'est pas ta démission de départ qui débloque quoi que ce soit, c'est bien la fin de mission subie qui arrive ensuite. Un non-renouvellement, une fin de contrat de mission, ça reste involontaire, donc indemnisable. D'ailleurs, une fin de mission d'intérim, c'est une perte d'emploi subie, au même titre qu'une fin de CDD.
Pour le détail du calcul de tes indemnités une fois ces droits ouverts, montant, durée, salaire de référence, on ne va pas tout refaire ici. Tu as tout pour calculer tes droits au chômage en intérim dans le guide dédié.
Les deux seuils à ne pas confondre
C'est là que tout le monde se mélange les pinceaux, parce que deux seuils différents circulent et qu'on les confond en permanence. Prends-les un par un.
Le premier « neutralise » ta démission. Si, après avoir démissionné, tu retravailles au moins 65 jours ou 455 heures (environ trois mois) sans démissionner de nouveau, France Travail efface la démission de l'équation. Tes missions d'intérim comptent pour atteindre ce seuil, et tu peux les cumuler.
Le second, c'est la condition d'affiliation, celle qui conditionne l'ouverture de l'ARE elle-même. Il faut avoir travaillé au moins 130 jours ou 910 heures (environ six mois) sur une période de référence de 24 mois. Si tu as 55 ans ou plus, cette période passe à 36 mois. Ces deux seuils vivent leur vie séparément, l'un neutralise ta démission, l'autre valide ta durée de travail.
Bon à savoir Ces chiffres sont ceux en vigueur au moment où on écrit (vérifiés sur service-public.fr et Unédic, à jour d'avril 2026). La réglementation chômage bouge régulièrement, donc confirme toujours ta situation exacte sur service-public.fr ou auprès de France Travail avant de te lancer.
Dernier point utile. Si tu as démissionné et que tu te retrouves sans indemnisation, ta situation peut être réexaminée par l'instance paritaire régionale (IPR) après environ 121 jours de chômage non indemnisé. Ça reste un filet de secours à connaître, pas une garantie.
Un exemple concret chiffré
Prenons Karim, maçon, en CDI depuis quatre ans. Il en a marre de son chantier, il démissionne pour tenter l'intérim. Au départ, aucune ARE, sa démission est « sèche ».
Il s'inscrit, décroche une première mission de deux mois sur un gros chantier, enchaîne avec une autre de trois mois, puis une de deux mois encore. Au total, plus de sept mois de missions cumulées, largement au-dessus des 130 jours et des 65 jours de neutralisation. Quand sa dernière mission n'est pas renouvelée, cette fin de mission est subie. Karim a rempli son compteur, il a neutralisé sa démission, et il peut ouvrir ses droits à l'ARE.
Ce qui fait la bascule, c'est le volume de missions qu'il a réussi à enchaîner sans temps mort. Chaque contrat ajoute des jours et des heures au compteur. Plus tu trouves de missions vite, plus tu sécurises ta réouverture de droits. C'est tout l'intérêt de savoir enchaîner les missions d'intérim sans laisser de trous entre deux contrats.
Les démarches concrètes pour quitter ton CDI proprement
Une fois ta décision prise, autant partir sans fausse note. Deux étapes à ne pas bâcler.
Préavis et lettre de démission
Ta démission doit respecter un préavis dont la durée dépend de ta convention collective, de ton statut et de ton ancienneté. Renseigne-toi sur la tienne, elle peut aller de quelques jours à plusieurs mois pour un cadre. Et formalise toujours ta démission par écrit, une lettre datée et claire, pour éviter tout litige sur la date de départ.
Pas besoin de te casser la tête sur la formulation. L'outil gratuit de lettre de démission d'ASAP Work te sort un modèle propre en quelques minutes, tu remplis, tu signes, tu remets.
S'inscrire à France Travail et t'inscrire en agence d'intérim
Inscris-toi à France Travail même si tu n'es pas indemnisé au départ. Ça ouvre ton dossier, ça pose le point de départ de ton parcours et ça facilite le réexamen de ta situation plus tard.
Ensuite, lance-toi côté missions. T'inscrire dans une agence d'intérim ou sur une plateforme te permet de commencer à candidater. Le bon réflexe, c'est de postuler aux missions avant même la fin de ton préavis, pour enchaîner sans rester sans revenu entre ton CDI et ta première mission.
Ce qu'il faut retenir
Quitter un CDI pour l'intérim ne condamne pas tes droits au chômage. Soit tu choisis une porte de sortie sécurisée dès le départ, rupture conventionnelle, démission légitime ou reconversion, soit tu joues le mécanisme de la fin de mission subie pour rouvrir tes droits une fois lancé. Dans les deux cas, la clé c'est d'enchaîner les missions pour remplir ton compteur d'heures et de jours sans temps mort.
C'est justement là qu'une plateforme d'intérim spécialisée sur les métiers techniques change la donne. Regarde les missions techniques disponibles et commence à candidater dès maintenant pour sécuriser ta bascule.



