SekouSekouEncadrant électricien courant fort
Chez asap.work depuis
Septembre 2023
Face aux défis du terrain et aux épreuves de la vie, Sikou a converti chaque obstacle en leçon de leadership, porté par la dignité du métier.

Des câbles coupés aux galères de chantier, j'ai appris à transformer chaque piège en leçon de leadership pour guider mes équipes sans jamais baisser les bras.
D'origine guinéenne et né en Côte d'Ivoire, Sikou se voyait topographe, comme ce père qu'il n'a jamais connu. C'est finalement dans l'électrotechnique et l'encadrement courant fort qu'il a trouvé sa vocation et sa liberté. De son arrivée en France à 16 ans au pilotage de grands chantiers pour des géants du BTP, il nous livre un témoignage inspirant sur la puissance de l'humilité et le devoir de transmission.
Sikou fait ses premiers pas dans l'électricité par la voie de l'alternance pour soutenir sa mère. C'est auprès de figures du terrain comme Jésus ou son formateur marquant Philippe Mazurier qu'il forge sa rigueur et apprend les secrets du courant fort. Après avoir monté sa propre entreprise d'électricité, les aléas de la vie et un divorce le conduisent vers l'intérim, un choix qu'il assume aujourd'hui pleinement pour la liberté et l'autonomie qu'il lui offre. En tant que chef de chantier intérimaire, il surmonte toutes les galères humaines et techniques : du management délicat d'équipes permanentes aux pires actes de sabotage. Aujourd'hui figure respectée et écoutée du bâtiment, Sikou trouve sa plus grande fierté dans la transmission : il continue d'épauler les jeunes techniciens qu'il a croisés en leur envoyant schémas et conseils, prouvant quotidiennement que l'humilité, la ponctualité et le respect des anciens sont les vraies clés du succès.

Le bâtiment est une école d'humilité : il faut arriver à l'heure, mettre son ego de côté et écouter les anciens. Ma plus grande fierté aujourd'hui, c'est de transmettre ce qu'on m'a appris et de voir des jeunes continuer à m'appeler pour un conseil ou un schéma.
His look at theFuture of the profession and the place of young people in the sector
Sa pride to work on projects that shape the daily lives of Ile-de-France residents
Les technical challenges which he was confronted with.
Son rangelands and his first steps in the construction industry
Dans cette interview, Sikou revient sur :
- Son arrivée en France à 16 ans, quittant la Côte d’Ivoire pour rejoindre sa mère et troquant son rêve d'enfant de devenir topographe — comme ce père qu'il n'a jamais connu — contre une formation pragmatique en électrotechnique par l'alternance.
- Son baptême du feu au Lycée Hoche de Versailles, où les responsabilités précoces sur le terrain l'ont poussé à se dépasser, forgé par l'exigence et la pédagogie de formateurs marquants comme Jésus et Philippe Mazurier.
- Son choix assumé de l'intérim après la création de sa propre entreprise d'électricité et les épreuves de sa vie personnelle, préférant l'autonomie et la liberté pour s'imposer en tant qu'encadrant courant fort face aux tensions du terrain et aux actes de sabotage.
- Sa passion de la transmission, lui qui continue au quotidien d'envoyer des schémas techniques et des conseils aux plus jeunes techniciens, convaincu que la bienveillance et le partage font grandir toute une équipe.
Au-delà de son parcours, Sikou livre un témoignage empreint de sagesse et de leadership, prouvant que la ponctualité, l'écoute des anciens et l'humilité sont les plus solides fondations d'une carrière réussie dans le BTP.

Steve : Bonjour Sikou.
Sikou : Bonjour.
Steve : Merci de prendre le temps aujourd'hui pour raconter ton histoire. Tu viens de terminer une mission chez Spie Batignolles, tu étais encadrant courant fort — ça, j'aimerais bien que tu me l'expliques juste après. Tu as eu à un moment un petit problème de santé, on pourra en parler si tu le veux. Moi, ce que j'aimerais savoir dans un premier temps, c'est : qui es-tu et d'où viens-tu ?
Sikou : Déjà, je m'appelle Sikou. Je viens de Guinée, mais je suis né en Côte d'Ivoire où j'ai grandi. Ma mère vivait ici en France, alors elle m'a fait venir à l'âge de 16 ans pour continuer mes études.
Steve : Et tu faisais quoi comme études ?
Sikou : En Afrique, j'étais en classe de 4e. Quand je suis arrivé ici, ils m'ont fait reculer de classe, donc j'ai dû recommencer à partir de la 6e.
Steve : Et tu pensais à un moment donné que tu allais travailler dans le BTP ? C'était un rêve de gosse ou pas du tout ?
Sikou : Non, pas du tout ! Je voulais être topographe.
Steve : Comment c'était venu, cette idée de topographe ?
Sikou : On m'avait dit que mon père était topographe. Je ne l'ai pas connu, mais comme on m'a dit qu'il faisait ça, j'ai eu envie de suivre cette voie.
Steve : Et tu es tombé dans le BTP un peu par hasard ?
Sikou : Pas forcément par hasard, c'était une opportunité. Après la 3e, comme ma mère n'avait pas les moyens financiers pour que je poursuive des études longues, il fallait que je trouve une formation. J'ai choisi l'électrotechnique : j'ai fait un BEP en alternance, suivi d'un Bac Pro en alternance, puis d'un BTS, toujours en alternance et toujours dans l'électricité.
Steve : Tu te rappelles de ton premier chantier ? Quand tu arrives sur un chantier sans expérience, ça doit être déstabilisant. Tu en gardes un bon souvenir ? C'était où ?
Sikou : Mon premier chantier, c'était le Lycée Hoche à Versailles, en alternance. Comme je préparais un BTS, on m'a directement donné des responsabilités alors que je n'étais pas réellement prêt. Ça a été très, très dur.
Steve : Est-ce que tu as eu des gens qui t'ont accompagné et appris le métier, ou tu t'es formé seul ?
Sikou : Ils m'ont beaucoup aidé, et je posais aussi des questions. J'ai été formé précisément par des Portugais. C'est une vérité : dans le BTP, ils sont vraiment très forts.
Steve : Tu te rappelles du prénom de celui qui t'a accompagné ?
Sikou : Oui, il s'appelait Jésus.
Steve : Et toi, tu penses que tu vas rester toute ta vie dans ce domaine, ou tu penses à un moment donner changer de milieu et arrêter le BTP ?
Sikou : J'avais ouvert ma propre boîte d'électricité il y a quelques années. Mais suite à mon divorce, j'ai fermé l'entreprise et je suis parti dans l'intérim.
Steve : L'intérim pour toi aujourd'hui, c'est un choix ou tu aimerais ravoir un CDI ?
Sikou : Non, pour moi c'est un vrai choix. Ça me permet de faire beaucoup de choses et j'ai plus de liberté.
Steve : Tu as des enfants... Est-ce que tu leur parles de ton métier, et quelle perception a ton entourage ? Et concrètement, c'est quoi le rôle d'un encadrant courant fort ?
Sikou : C'est comme un chef de chantier. Et oui, j'en parle à mon entourage, ils m'encouragent. Ils savent que ce n'est pas un métier simple ou facile, qu'il faut avoir certaines compétences.
Steve : Il y a un souvenir ou un chantier qui t'a marqué plus que d'autres ? Le dernier chez Spie Batignolles par exemple ?
Sikou : Celui qui m'a le plus marqué, c'est le chantier chez Actemium, avec asap.work. J'y ai passé un an et demi. Bizarrement, je connaissais au moins 90 % des personnes sur place. Mais c'était un chantier très difficile, j'ai eu beaucoup de soucis : on me coupait mes câbles pour m'empêcher d'avancer et ralentir le chantier.
Steve : Tu rigoles ? Pour ralentir le chantier ?
Sikou : Si, je te jure ! Ils étaient au courant. C'était très compliqué pour moi, mais j'ai réussi tout de même, j'avais mes arguments et mes justifications.
Steve : Est-ce que tu trouves que ton métier a changé depuis toutes ces années, en technologie ou sur le plan humain ?
Sikou : Oui, ça a évolué dans plusieurs domaines, surtout sur le plan humain. Je me suis fait énormément de connaissances, je suis très connu dans le bâtiment, ce qui me permet de retrouver facilement des missions.
Steve : Qu'est-ce qui est le plus dur au quotidien ? La météo, la technicité du projet ou les relations humaines ?
Sikou : Pour moi, ce sont les relations humaines, c'est le plus dur. Sur mon dernier chantier, j'encadrais 10 personnes et ce n'était pas facile. Comme je suis chef de chantier intérimaire, certains salariés en CDI avaient du mal à accepter que je leur donne des ordres.
Steve : Tu le ressens, ce mur entre l'intérim et les gens en CDI ?
Sikou : Oui, toujours un peu. Généralement, avec les responsables, ça se passe très bien. C'est plus avec certains ouvriers en bas de l'échelle.
Steve : Est-ce que tu as un modèle ou quelqu'un qui t'inspire au quotidien ?
Sikou : Une personne m'a beaucoup marqué : Philippe Mazurier. Il était extrêmement compétent. J'ai eu plusieurs formateurs, mais c'est lui qui m'a le plus marqué. Je ne l'oublierai jamais.
Steve : Tu te vois encore longtemps dans le BTP ?
Sikou : Oui, pour le moment ça se passe bien !
Steve : On a une prochaine mission pour toi ?
Sikou : Normalement oui, Maya m'a dit que je commence ce lundi !
Steve : Est-ce qu'on t'a déjà dit merci ou bravo, ou est-ce que tu t'es senti fier sur un chantier ?
Sikou : Oui, sur mon dernier chantier avec Spie Batignolles. Il y avait d'énormes soucis et du retard parce que les maçons attendaient Spie depuis un an pour repérer des câbles qui passaient dans des regards et des coffrages. Ils ne pouvaient pas casser tant qu'ils ne savaient pas si ces câbles étaient sous tension. J'ai réglé ce problème. On m'a même reproché d'aller trop vite ! Il y avait un vrai manque de communication.
Steve : Pour terminer, quel conseil donnerais-tu à un jeune qui démarrerait dans le BTP ?
Sikou : Un jeune qui commence doit avant tout être humble. Il ne faut pas avoir la grosse tête, il faut se mettre dans l'esprit qu'on est là pour apprendre, poser des questions et profiter de l'expérience des anciens pour accumuler du bagage.
Steve : Tu vois des jeunes autour de toi qui écoutent et profitent de ton expérience ?
Sikou : Oui ! Chez Actemium par exemple, des jeunes embauchés en CDI m'appellent encore régulièrement pour des conseils, et je leur envoie souvent des schémas. C'est le partage.
Steve : Être humble, être à l'écoute, partager... Tu aurais un autre conseil ?
Sikou : La ponctualité ! C'est le plus important. Être à l'heure, sinon tout est désorganisé et on a du mal.
Steve : Et dans le quotidien d'un intérimaire, qu'est-ce qu'une agence d'intérim pourrait améliorer ?
Sikou : Appeler de temps en temps, prendre des nouvelles, être proche des intérimaires. C'est très important.
Steve : Merci pour ton temps, merci pour ton histoire et je te souhaite beaucoup de succès pour la suite !
Sikou : Merci à toi !


